Crayon ou clavier?

Dans les prochains mois, Pascal Grégoire, professeur en sciences de l’éducation de l’UQAT s’intéressera aux effets de l’utilisation d’un outil d’aide à la révision et à la correction en contexte d’écriture numérique au regard de la maitrise de la langue des élèves de 5e secondaire. Le rapport de ce projet d’étude, commandé par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR), devrait être disponible en 2017.

L’étude Écriture manuscrite et numérique : réalité similaire ou différente? a pour objectif de

« mesurer les impacts de l’utilisation d’un outil d’aide à la révision et à la correction sur le nombre d’erreurs relevées dans les textes d’élèves et liées au vocabulaire, à la construction des phrases et à la ponctuation ainsi qu’à l’orthographe d’usage et grammaticale. Pour ce faire, un échantillon d’au moins 300 élèves de 5e secondaire, répartis dans 12 classes à la grandeur du Québec, sera constitué. »

Le projet de recherche permettra de comparer différentes stratégies dans différentes contextes :

  • un groupe d’écriture manuscrite pouvant consulter les ouvrages de référence imprimés (groupe témoin)
  • un groupe d’écriture informatisée n’ayant pas accès aux outils d’aide à la correction et à la révision mais seulement aux ouvrages de référence imprimés
  • un groupe d’écriture informatisée ayant droit aux outils d’aide à la correction et à la révision (Antidote 8), mais pas aux ouvrages de référence imprimés
  • un dernier groupe d’écriture ayant accès aux outils d’aide à la correction et à la révision ainsi qu’à une formation sur le logiciel de correction linguistique mais pas aux ouvrages de référence imprimés

La cohabitation du crayon et du clavier est un sujet d’actualité dans les études secondaires et postsecondaires. Luc Diarra, chargé de cours à l’Université d’Ottawa, s’était prononcé sur la question de l’évaluation des compétences langagières, et plus particulièrement à l’évaluation de l’écrit à l’aide des technologies dans une perspective pédagogique et didactique dans l’article, Rédaction manuscrite ou numérique : impact sur la compétence à écrire et son évaluation paru dans le bulletin Correspondance de janvier 2015. Ses recherches avaient révélé chez la plupart des participants une plus grande habileté dans la production de textes à l’ordinateur que dans la rédaction manuscrite. Même si les élèves avaient de bons scores en modalité manuscrite, leurs scores en modalité informatisée étaient significativement encore meilleurs lorsqu’ils écrivaient à l’ordinateur.

L’étude notait aussi l’effet positif de l’utilisation de l’ordinateur sur la motivation pour l’apprentissage de l’écriture, en particulier chez les élèves en difficulté d’apprentissage. Quant à l’utilisation des outils d’aide à la révision et à la correction, l’étude de Monsieur Diarra mentionne que les élèves utilisant l’ordinateur ont plus souvent recours aux correcticiels. Il ajoute que plusieurs autres stratégies d’écriture se révèlent plus fréquemment, voire exclusivement, déployées lorsque les étudiants utilisent l’ordinateur.

L’écriture numérique n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre…

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